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Sports and More

Basée essentiellement sur le Football et la NBA, ce blog vise également à traiter des grands évènements des autres sport. En traitant du terrain, mais aussi - et peut être avant tout - de ce qui l'entoure.


Pourquoi Deschamps s'est trompé.

Publié par Jean Doulorni sur 16 Octobre 2012, 15:34pm

Catégories : #edf, #ribery, #lloris, #matuidi, #sissoko, #menez, #espagne, #alba, #tactique

Pourquoi Deschamps s'est trompé.

En ce mardi, jour de branlée si l’on se fie aux bruits qui nous entourent, les médias nous apprennent la probable composition de la Desch’ , soit un 4-3-3 des plus classiques avec une défense Debuchy-Koscielny-Sakho-Evra devant Lloris. Un milieu à trois avec Gonalons en sentinelle, et devant lui, Matuidi et Cabaye en position de relayeurs. L’animation offensive, si tant est qu’il y’en ait ce soir, sera à la charge de Menez, Ribery et Benzema.

Une défense inexpérimentée

Face à l’ogre espagnol, la place Lloris était assurée, pas la peine de tenter des paris à ce poste avant ce genre de match d’autant plus que le sosie de Pierre Palmade doit encore enchainer les matchs après son arrivée compliquée dans le nord de Londres à Tottenham.

Concernant la défense, la supériorité – même défensive – de Debuchy comparativement à Jallet n’est pas critiquable et découle d’une logique implacable au vu des matchs récents en équipe de France.

Côté gauche, Evra toujours Evra, son statut d’éternel titulaire en deviendrait presque terrifiant au vu : premièrement de son niveau défensif nul, deuxièmement de son apport offensif inexistant et pour conclure de son comportement en équipe de France depuis plus de trois ans. Mais que voulez-vous, il est encore capitaine de United (lorsque Scholes, Giggs, Vidic ne sont pas là) et bénéficie d’un droit à l’oubli particulièrement troublant après avoir insulté Arsenal où joue un bon nombre de ses compatriotes et surtout avoir continuellement mis en avant son cas personnel. Néanmoins, au vu du manque de fantaisie dans ses choix à ce poste « aussi bien techniquement que tactiquement » de Didier Deschamps et du niveau moyen de Clichy – qui n’a malheureusement pas encore pris la porte – on ne s’attendait pas à être surpris. Dommage quand on voit les perfs de Tremoulinas ou Matthieu du côté de Valence…

En défense central, la faiblesse de Rami en ce début de saison nous laisse avec Koscielny et Sakho – qui a pourtant du mal à assurer sa place au PSG. Pas vraiment d’autres options d’autant que le très sous-coté Kaboul est blessé et que Yanga-Mbiwa est suspendu. Néanmoins, la faculté de couverture du défenseur d’origine polonais nous sera bien précieuse face au « jeu de handball » espagnol qui cherchera régulièrement la profondeur dans le petit périmètre. On peut pas réellement dire qu’il en est de même pour le massif Sakho et son manque d’explosivité, mais on l’a vu, DD n’a pas réellement le choix. Il convient cependant d’ajouter que le manque de temps de jeu en commun de la charnière allié à son manque d’expérience internationale risque d’être un paramètre suffisant pour rendre la défaite inéluctable.

Milieu sans Diaby, milieu amoindri

Privé une nouvelle fois de Diaby, au point qu’on s’étonne désormais beaucoup plus de sa présence que de son abscence, la France part avec un réel désavantage au milieu du terrain. Inutile de préciser la qualité de chaque espagnol positionné au milieu de terrain, Xavi et consorts sont d’un autre monde. Au vu des solutions restantes, le successeur de Laurent Blanc a opté pour Gonalors pour suppléer Mavuba, blessé au plus mauvais moment et pour Matuidi à la place de Diaby, Cabaye conservant son rôle de rampe de lancement.

Si les solutions choisies n’ont rien de bien particulier, il est dommage qu’à cet endroit, Deschamps n’ai pas tenté un coup. En effet, la spécificité de la sélection française consiste en la présence de deux jours « pistons » au milieu du terrain. On les appelle box-to-box en Angleterre pour leur propension à se trouver régulièrement dans chacune des deux surfaces au vu de leur force d’accélération mais également cette capacité à avaler les kilomètres. Sissoko et Matuidi, puisqu’il s’agit d’eux ont en plus cette capacité à évoluer offensivement sur un côté et à compenser la montée d’un latéral (ce qui soit dit en passant, lorsque on joue avec Debuchy et Patrice « ça m’emmerde de me replacer » Evra, est loin d’être un défaut).

Ainsi, on peut regretter que pour gêner les montées côtés gauche de Alba, pour densifier un milieu, mais également dans une idée de contre face à une Busquets ou Xavi (qui sont loin de faire du 11 secondes au 100m) de ne pas utiliser ces deux joueurs en même temps, d’autant que le parisien est gaucher et le toulousain droitier.

La conservation de balle d’un Benzema qui décroche en permanence, avec une arrivée en contretemps de ces deux quasi-sprinteurs dotés d’une vélocité impressionnante aurait pu permettre de jouer les contres et de profiter d’une perte de balle (certes, cela arrivera peu ce soir) du milieu de terrain barcelonais espagnol. Leur capacité d’harcèlement aurait également pu permettre au bloc de ne pas jouer trop bas et de compliquer la latéralité du jeu espagnol, ce qu’ils affectionnent particulièrement. Par ailleurs, Evra serait sans doute moins ridicule avec un Matuidi pour l’aider face au jeu arrêté de Silva qui ne manquera pas de lancer Arbeloa, Cazorla ou autre Iniesta dans son dos, à moins qu’il ne décide de l’effacer comme un cadet.

Ces deux joueurs sont peu courants dans le football, au point qu’on ne pense pas toujours aux facultés qu’ils offrent. Une réflexion qui, on le sera ce soir, pourrait être salutaire pour nos bleus. Avec un Gonalons (ou Capoue qui aurait ma préférence) devant la défense, et un Cabaye plus libre pour relancer, ce verrou aux fortes capacités de contre-attaque aurait apporté une problématique que l’Espagne connait peu. Le bridage du jeu espagnol apparait pourtant comme une nécessité de premier ordre, comme le rappelle Zidane – bien au fait du jeu espagnol – lorsqu’il dit qu’il « faudra les empêcher de jouer ». Quand on est presque certain de perde, il n’est jamais interdit de tenter un coup. Dommage.

Une attaque qui ne défend pas

Devant, on retrouve le trio Ribery, Menez et Benzema sur les côtés. Un choix dans la continuité de ce qu’a pu faire Deschamps depuis son arrivée à la tête de la sélection tricolore, mais qui ne semble pas correspondre à un choix en fonction de l’adversaire.

En effet, eu égard les spécifités espagnoles : Jeu très offensif des latéraux, pressing haut et conservation de la balle, choisir ces trois joueurs offensifs parait au mieux ambitieux, au pire suicidaire.

En effet, le travail défensif aux deux joueurs de couloir que sont Menez et Ribery sera conséquent. Aura on connait l’aptitude, particulièrement concernant le parisien, de ses deux joueurs à délaisser le travail défensif. Laisser Alba libre ou ne pas suivre une montée d’Arbeloa n’apportera rien d’autre qu’un sous-nombre pour l’équipe de France déjà bien plus faible que son hôte du soir.

Par ailleurs, les trois joueurs, fins dribbleurs et aux folles capacités de débordements seront privés de ballons pendant l’essentiel du match. Une donnée importante lorsqu’on connait la personnalité de chaque membre du trio offensif, qui aiment avoir la gonfle et multiplier les accélérations. Concernant Menez, la propension de l’ailier parisien à s’énerver lorsque ce n’est pas le cas, constitue presque un danger pour l’équipe. Son incapacité à rester concentrer lorsqu’il n’est pas satisfait du match de son équipe, et lorsque le ballon lui parvient pas suffisamment régulièrement à son goût peut aller du risible au dramatique. Il n’y a qu’à se souvenir de son « vaffa enculo » à l’arbitre du dernier France-Espagne lors de l’euro, ou à son « va te faire enculer « à l’encontre de son coéquipier et capitaine Hugo Lloris ce même jour. Autrement dit, on peut s’attendre à voir Menez beaucoup plus rouspéter, râler et marcher au Vicente Calderon qu’à réellement défendre et à effectuer un pressing salutaire face aux champions du monde et d’Europe en titre.

D’autres options étaient possibles

En choisissant la continuité, Deschamps s’est trompé. Lorsqu’on joue « l’Equipe du siècle » comme certains aiment l’appeler, on fait en fonction de ses qualités et faiblesses et on se doit quasiment de tenter des paris, le match étant quasiment perdu d’avance.

Ainsi une modification tactique, avec un milieu à quatre avec les deux pistons évoqués précédemment, avec une liberté laissée à Ribery et Benzema de décrocher tour-à-tour et de mener l’attaque aurait pu être une option, non seulement perturbante pour l’adversaire, mais également plus à même de gêner le duo Iniesta-Xavi point de départ de l’écrasante majorité des offensives ibères tout en contrôlant mieux les latéraux. Offensivement le dézonage des deux meilleures individualités françaises aurait également permit d’aller jouer dans le dos des latéraux et bénéficier de vitesse face à la lenteur d’un Raul Albiol.

Cela ne suffirait pas nécessairement, mais aurait pu être fort intéressant à suivre. Une fois de plus la frilosité inhérente au foot français nous ne laisse qu’un mot à la bouche : dommage.

Une mise en place tactique, propre au match face à l'Espagne qui aurait permit de contrecarrer leurs plans de manière plus efficiente.

Une mise en place tactique, propre au match face à l'Espagne qui aurait permit de contrecarrer leurs plans de manière plus efficiente.

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